Le pavillon des gaudes

Le pavillon des gaudes

 Dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 avril 1971, vers 3h, la sirène réveillait les habitants de Mouchard.

Une immense colonne de feu de plus de 30mètres pointait vers le ciel et les flammèches étaient projetées dans un rayon de 200m. La cité du Bois assistait impuissante à la mise à mort du pavillon des Gaudes, pavillon de la Franche Comté à l’exposition internationale de 1937 à Paris située à l’extrémité du pont Alexandre III, sur la rive gauche, face à l’esplanade des Invalides.

Le pavillon des Gaudes domine de ses 30mètres la plupart des pavillons environnant précisait à l’époque R. SIMONIN, secrétaire général du Pavillons des Gaudes.

Construit entièrement en bois, avec les essences de nos riches forêts, il abritait tout ce que la production comtoise a de plus achevé dans tous les domaines. D’autre part, ce pavillon ne sera pas éphémère. Grâce à l’initiative de M. LYAUTEY, sous-secrétaire d’Etat à l’Agriculture, il sera reconstruit à Mouchard, à l’Ecole Régionale du Bois. Véritable salon de la qualité comtoise, l’industrie, l’artisanat et la gastronomie seront représentés. Les lettres, les arts et le folklore auront un très large droit de citer.

« Le pavillon des Gaudes ne sera pas une exposition morte. Nous voulons que l’œuvre envisagée soit durable ».

Une œuvre originale

Le pavillon, de 150m² fut ramené en 1938 à Mouchard et fut installé à proximité des ateliers techniques du Bois dans le prolongement du stade de l’époque où se trouve les nouveaux ateliers de scierie et menuiserie actuels.

L’œuvre intrigue plus d’un touriste, certains ont voulu lui prêter des allures de « pagode chinoise » mais ce bulbe rappelait les clochers du Jura et du Doubs, surtout celui de Mouchard.

Sa grande toiture sur cet ensemble trapu et les ouvertures étroites rappelaient les fermes comtoises si solidement plantées dans les paysages de montagne.

Il y avait l’audace des portiques de façades et de côtés qui étaient un appel à la modernité avec leurs verrières. Mais paradoxalement, l’arrière du bâtiment était dessiné comme l’abside d’une église ; contribuant à donner à l’ensemble un aspect déroutant.

« Ce bâtiment devrait avoir pour vocation la valorisation de l’industrie du bois ».

On pensa y recevoir du personnel des eaux et forêts en stage à l’école régionale du bois. On pensera plus tard à un musée du Bois, géré par le Lycée mais en 1939, on avait d’autres soucis. Il fût occupé par les troupes allemandes, puis les troupes de la libération.

Le maire, M. BRUET, a vendu ce pavillon à Serge LABOURIER qui avait sans doute des projets, mais les circonstances en ont décidé autrement. A l’époque où main d’œuvre et logements manquaient, le pavillon servit même de refuge pour certains travailleurs étrangers. Le pavillon s’est de plus en plus dégradé, tout le monde pouvait y entrer.

L’incendie du 19 avril 1971 a fait disparaître à la fois l’œuvre, le rêve et l’histoire.

« en 1937, des hommes avaient réalisé une œuvre puissante, colossale, pour promouvoir la région et l’industrie du bois. D’autres ont échoué plus tard, on ne peut que le regretter. Que cela serve de leçon pour préserver ce qui existe encore, que la filière bois soit de plus en plus vivante dans cette ville de Mouchard ».

 

Ndlr : origine Revue Comtoise ?